Un jeu d’initiés avec les prénoms
Lorsque j’ai écrit ma première histoire (La Timide), je me suis permis quelques modestes… facéties, en introduisant des petits secrets derrière mes personnages : leurs prénoms. Non pas qu’ils soient totalement improbables, car ils sont relativement banals. Le côté « ludique » vient du fait que je me suis servi des prénoms de nombre de mes proches, avec quelques contre-emplois que, pour ma part, je trouve assez savoureux.
Certains prénoms appartiennent à des membres de ma famille, les autres à des personnes que j’estime beaucoup. Bien entendu, cela reste transparent pour les lecteurs qui ne sont pas concernés. Mais pas pour celles et ceux qui font partie de mon cercle rapproché.

Tina & Margaux
Pour vous donner un exemple concret, dans La Timide, il y a un duo d’amies, presque comme des sœurs pour Claire, qui s’appellent Tina et Margaux. Ces deux femmes partagent les prénoms de mes deux grands-mères. Si elles apprenaient que j’en ai fait un couple de lesbiennes, je pense qu’elles se retourneraient dans leur tombe !
Je ne mentionnerai pas la bonne douzaine d’autres prénoms que j’ai honteusement empruntés à mon entourage.
Le mystérieux prénom récurrent
Chaque épisode de la série présente un individu qui porte le même prénom. Ce personnage change à chaque opus, mais le nom reste. C’est devenu une espèce de signature, une constante narrative qui traverse toute la saga.
Petit indice : il est toujours donné à l’homme le plus antipathique du bestiaire. Bref, le gros c…rd de l’histoire. Celui qui fait obstacle au bonheur des protagonistes, celui qui trahit, manipule ou juste blesse par ses mots. Une sorte d’antagoniste récurrent dont seul le prénom persiste d’un opus à l’autre, comme un archétype du personnage détestable.
Devinerez-vous de qui il s’agit ? Les proches à qui je l’ai demandé n’ont pas remarqué ce nom répétitif.
Une plaisanterie personnelle
Tout ceci n’est qu’une « private joke » destinée à divertir mes proches et, pour beaucoup, à me distraire moi-même. Ces petites touches personnelles sont comme des clins d’œil dissimulés dans les pages, invisibles pour la plupart des lecteurs, mais source de sourires complices pour les initiés. C’est une façon d’ajouter un second niveau de lecture, une dimension amusante et cachée dans la saga McNamara, accessible uniquement à ceux qui me connaissent.
J’avoue avoir pris un malin plaisir dans cette affaire et ne m’en repends pas le moins du monde. Ces quelques libertés me permettent de conserver une légèreté dans le processus d’écriture, toujours si solitaire et intense. Dans mon esprit, elles humanisent mon rapport à mes personnages, créant entre eux et moi des ponts avec le monde réel.
D’autant plus que mon propre prénom fait partie de la galerie utilisée. Mais je ne vous révélerai pas lequel… ni quel rôle j’ai attribué à mon alter ego de papier ! J’apprécie l’autodérision et trouve qu’il serait injuste de m’épargner alors que je prends des libertés avec mes proches. Après tout, un auteur qui se respecte doit savoir rire de lui-même avant de rire des autres. Les secrets derrière mes personnages sont maintenant éventés, mais qui s’en soucie ?
Kim Nielsen


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